Anim'Annecy

Blog personnel consacré au Festival International du Film d'Animation d'Annecy

Le Palmarès 2011 !

Dans la catégorie des longs métrages, c'est Le Chat du Rabbin de Joann Sfar et Antoine Delesvaux qui remporte le Cristal du meilleur long métrage, tandis que Colorful du japonais Keiichi Hara a été salué par une mention spéciale ainsi que par le Prix du Public. Chico & Rita et L'Apprenti Père Noël ont également été distingué par les prix Fnac et Unicef. Il n'y a pas eu de grande surprise dans cette catégorie, sauf peut-être pour l'apprenti du père Noël qui avait été boudé par les festivaliers accrédités.

Du côté des courts métrages, Pixels de Patrick Jean remporte le Cristal du meilleur film, tandis que Big Bang Big Boom emmène le Prix Spécial du Jury. Trois films polonais se sont distingués : Świteź, la Cité perdue (Prix de la première oeuvre), Paths of Hate (mention spéciale) et Maska (Prix Sacem), ce qui me conforte dans l'idée que c'est l'année la Pologne ! Le très réussi Luminaris décroche le prix du public et l'humoristique A Morning Stroll celui du jury junior.

J'avoue que je n'ai pas du tout vu venir Pixels. J'ai bien aimé le film mais je le pensais beaucoup trop geek pour remporter l'adhésion; il faut croire qu'il y avait des joueurs de la grande époque parmi le jury :-)

Longs Métrages

  • Le Cristal du Long Métrage : Le Chat du Rabbin
  • Mention Spéciale : Colorful
  • Prix du Public : Colorful

Courts Métrages

  • Le Cristal d'Annecy : Pixels (Voir)
  • Prix Spécial du Jury : Big Bang Big Boom
  • Prix Jean-Luc Xiberras de la 1ère oeuvre : Świteź
  • Mention Spéciale : Paths Of Hate
  • Prix Sacem de la musique originale : Maska
  • Prix du Jury Junior pour un court métrage : A Morning Stroll
  • Prix du Public : Luminaris

Films de Télévision et de Commande

  • Le Cristal pour une production TV : The Amazing World of Gumball "The Quest"
  • Prix Spécial pour une série TV : Le Petit Nicolas "À la récré on se bat"
  • Prix pour un Spécial TV : Das Bild der Prinzessin
  • Prix du du film éducatif, scientifique ou d'entreprise : Comment nourrir tout le monde ?
  • Prix du film publicitaire ou promotionnel : Canal J "Royaume du gnagnagna"
  • Prix du meilleur vidéoclip : Wax Tailor Featuring Charlie Winston "I Own You"

Films de Fin d'études

  • Prix du meilleur film de fin d'études : Plato
  • Prix spécial du jury : Trois petits points
  • Mention Spéciale : The Eagleman Stag
  • Prix du Jury Junior pour un film de fin d'études : Plato

Autres Prix

  • Prix Unicef : L'Apprenti Père Noël
  • Prix Fipresci : Luminaris
  • Prix C+ "Aide à la création" pour un court métrage : Chroniques de la poisse
  • Prix Fnac pour un long métrage : Chico & Rita
  • Prix Annecy 2011 YouTube : Sidewalk Scribble

précédemment

CMC 5

Un bien beau final avec décidément beaucoup de films polonais (et un seul américain, ils ont dû se tromper sur le pays invité).

Avec Zbigniev's Cupboard, on plonge dans la Pologne communiste des années 70 et ses tickets de rationnement. Un homme et son père très âgé vivent ensemble dans un appartement où il n'y a même pas de commode. Lorsque le vieillard décède, le fils va devoir prendre une décision difficile.

Dans Blind Date car la gardienne de phare a plus d'un tour dans son sac pour attirer des prétendants via Internet. Si ce n'est pas l'homme volant, ce sera le suivant ! Le film est typiquement britannique dans le style et dans l'humour.

Luminaris, où la lumière et la pixillation sont reines. Un homme gonfle inlassablement des ampoules à incandescence dans une usine où chaque geste est minuté. Soumis en apparence, il prépare une rébellion éclairée contre le règne du roi soleil. Ce court métrage est une grande réussite narrative et technique, et selon moi un prétendant au grand titre.

Après moi est également une histoire d'ombre et de lumière sans nuances (de gris, s'entend). Cette technique était très populaire il y a quelques années mais n'a qu'un seul représentant cette année. Un homme découvre que sa petite amie est partie, et plusieurs choix s'ouvrent alors à lui. L'histoire explore alors ces différentes possibilités simultanément, si bien que l'homme finit par être submergé par lui-même.

A Xanadu, Kubla Khan ordonna la création d'un imposant dôme des plaisirs sous lequel coulaient, par des grottes insondables à l'homme et avant de se jeter dans une mer sans soleil, les flots sacrés d'Alphée. Le poème est récité tandis que des sensations colorées se métamorphosent à l'écran. Le court utilise une technique que je ne connaissais pas, la peinture sur pâte à modeler.

C'est Dimanche. Il faut aller à la messe puis au traditionnel repas avec grand-mère et grand-père. L'ennui pointe son nez, mais le petit garçon a beaucoup d'imagination, et un ours pour meilleur ami.

Clean Carousel donne dans le politiquement incorrect avec l'histoire d'un forain prêt à tout pour protéger son carrousel des menaces extérieures. Un forain armé est un forain dangereux ! Enfin dans ce court métrage en tout cas.

La projection se poursuit avec un film polonais haut en couleurs. Millhaven est l'adaptation animée d'une chanson de l'album Murder Ballads de Nick Cave, une référence donc. L'humour est servi très noir, très corsé. J'approuve !

The Monster of Nix réalisé par Rosto bénéficie d'un budget conséquent et des voix de Terry Gilliam et Tom Waits. La vie est belle dans le village idyllique de Nix, jusqu'à ce qu'un monstre apparaisse et dévore tout. Le jeune Willy est le seul à pouvoir l'affronter. Un conte de fées musical très joliment réalisé, aux influences burtoniennes avérées. Le côté super-production me laisse un peu sceptique quand à ses chances de remporter le grand prix.

CMC 4

La route traversant Nullarbor en Australie fait 1700 km de long, est quasiment droite et est exempte de végétation. Un cadre idéal pour un road movie déjanté avec pour protagonistes deux hommes que l'âge oppose : un vieillard décontracté en coccinelle et un jeune arrogant en décapotable. Le duel s'annonce féroce ! Ce court est un digne héritier de la tradition des cartoons.

On change brutalement de registre avec Dwa kroki za (Two Steps Behind), où un jeune homme quitte sa campagne natale pour la ville. C'est vraiment très allégorique ! Des découpages façon Monty Python, mais sans le côté absurde, cela nous donne un court sympathique.

Miss Daisy Cutter et cette fois ci ce n'est pas Mickey qui a gagné. D'ailleurs il a l'air un peu mort, ce qui n'est pas pour me déplaire. Ce clip façon cases de bande dessinée suit le rythme furieux de la chanson Nux Vomica : ça ne s'invente pas.

Teatriños : Homenaxe ao mineral do repolo est comme son nom l'indique un "hommage au minéral du chou" façon petit théâtre de marionnettes. Le poème de départ devait être gratiné, à défaut d'être bouilli.

Der grosse Bruder (Le Grand Frère) est sans doute le plus appréhendable des courts de la sélection, dans la grande tradition de la main qui dessine directement des personnages sur une feuille de papier. Les personnages ont évidemment leur petite histoire, c'est mignon !

Night Sounds (Bruits Nocturnes) reprend quand à lui le thème des monstres cachés sous le lit. Bon, ça ne fait rien, mais par contre si la pianiste voulait bien arrêter de jouer ce morceau démoniaque... A la fin de la nuit, une aube pas beaucoup plus rassurante : un grand œil vous regarde. Un court étrange et malgré tout attachant...

A Lost and Found Box of Human Sensation (À la recherche des sensations perdues) ne prête pas à rire; un jeune homme perd brutalement son père et cherche à surmonter son chagrin. Lorsque le média s'efface pour faire place au sujet, on sait qu'on a affaire à un grand court métrage. Je dis : prix en puissance !

Dans Kamene (Pierres), des hommes travaillant dans une carrière au bout du monde sont visités par la femme du contremaître. Elle réalise bientôt combien le labeur a changé son mari, désormais distant et même capable de tuer sans état d'âme. Ses tentatives d'amener un peu de féminité et de couleur dans ce monde morne sont elles toutes vouées à l'échec ? Voici un métrage slovaque de 26 minutes en marionnettes -- cela suffit à effrayer la majorité des festivaliers sains d'esprit, mais il faut croire que je ne me range plus tellement dans cette catégorie. C'est même mon film préféré dans cette sélection !

Tibetan Dog

Après la mort de sa mère, le jeune Tenzin doit quitter la ville pour aller vivre avec son père dans la prairie Tibétaine. Il a bien du mal à s'habituer à sa nouvelle vie, mais trouve bientôt le réconfort auprès d'un chien au pelage doré qui vient lui aussi d'ailleurs. Baptisé Dorje, l'animal va bientôt être accusé d'avoir tué des villageois et leurs bêtes. Tenzin va tout faire pour prouver l'innocence de son ami.

Dans les points positifs de cette réalisation sino-japonaise, de beaux paysages naturels et une technique très correcte. Dans les points négatifs, une histoire très convenue aux rebondissements aussi plats que l'Everest est haut. Le film plaira très certainement aux plus jeunes, mais pour les adultes il n'y a rien à déclarer... Je suis déçu !

Sojunghan nare kkum (Green Days - Dinosaur and I)

Quel titre bizarre ! Heureusement que l'image d'illustration est plutôt jolie, sans quoi j'aurais peut-être passé mon chemin pour aller voir Tezuka Osamu no Buddha à la place.

Il s'agit en fait d'un film Coréen sur l'adolescence d'une jeune fille à la fin des années 70. De fait, le film partage quelques points communs avec Whisper of the Heart (mais sans la chanson Country Road à la fin). Il n'y a pas vraiment de lien directeur -- seulement notre jeune fille qui essaie de trouver à quoi occuper son avenir.

Yirang, donc, a tellement peur de l'échec qu'elle préfère simuler une chute plutôt que de terminer seconde à une course relais. Elle en vient même à abandonner son équipe pour passer à autre chose. Mais quoi ? Elle devient amie avec Soo-min, toute juste débarquée de Séoul. Soo-min montre un fort caractère pour mieux cacher ses propres angoisses ! Puis Yirang rencontre Cheol-soo, qui rêve quand à lui de devenir astronaute et possède un talent certain pour l'électronique. Ce dernier lui apprend petit à petit à accepter ses imperfections...

Green Days est un beau film d'animation classique; les arrières plans sont magnifiques et on peut vraiment s'imaginer la vie d'alors et la mutation profonde de la société rurale qui est en marche. Il y a par contre quelques longueurs, et quelques séquences auraient mérité d'être développées différemment.

Dans l'ensemble, c'est un film candide et rafraîchissant, mais aussi hésitant et maladroit par moments, tout comme son héroïne finalement !